Quand sera venu le temps

Publié le par Lydie Bla

egon-schiele.jpg                                               Egon Schiele

                

 

Quand sera venu le temps, que la terre me devienne légère,

Je déposerai en contrebas de la falaise aux mille tourments

Cette terre aux sillons rougis    enfants sacrifiés sur l’autel

D’humanités engourdies par une haleine putride répandue sur la multitude  

Asphalte létale marquant en une identique croix écarlate

Les fausses communes de Dachau et les machettes de Kigali.

 

Chuchote  à nos frères qu’IL n’est jamais obligé d’être égal en toutes choses

 

                                   Quand sera venu le temps, que la terre me devienne légère,

S’envolera ce voile mien aux couleurs passées de courtisane

                                               Ces doux serments reniés d’absurdité révélée et de nuit

Banquets offerts à la lune grise   légèreté de l’étranger au crépuscule

                                               Aubes pâles chantées à l’unisson firmament de nos ennuis

Sanglots étouffés par le silence immaculé du temps qui passe

 

             Chuchote encore à nos frères qu’IL n’est jamais obligé d’être égal en toutes choses

 

Quand sera venu le temps que la terre me devienne légère,

L’enfant qui a profané le sexe de son père et celui de sa mère

Avant d’étreindre sa nouvelle matrice désormais kalachnikov

Aura dessiné le sang pourpre de devenirs  arrachés au commun

                                               Détail volontairement dérisoire d’un continent fiel en dérive

Ivresse de l’horreur exaltée par nos danses macabres.

 

            Chuchote à nos frères que là aussi

                                               IL n’était pas obligé d’être égal en toute chose.

 

                                               Quand sera venu le temps que la terre me devienne légère

L’instant d’un regard dérobé dans l’antre du ressac des souvenirs

                                               Le poids distant de mon ventre habité   Autre Moi désir

Certitude persistante de l’humanité depuis l’aube de partage

                                               Jubilation essentielle d’amour et de lunes

Sera la tendresse unique qui se murmure autour de l’invisible lien d’airain.

 

            Chuchote à nos frères qu’ IL n’est JAMAIS obligé d’être égal en toutes choses.

 

 

Lydie Bla

Publié dans Poêmes

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